Ph.G : J’ai eu pendant trente ans une vie professionnelle intense à l’échelle européenne en tant que vendeur de composants électroniques puis de dirigeant de groupes de distribution multinationaux. Je n’ai jamais pensé à inventer quoi que ce soit, jusqu’au jour où un ami chirurgien m’a demandé de réfléchir à un moyen d’aider au quotidien sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Je me suis pris au jeu, d’autant que l’enjeu me paraissait en valoir la peine.

Que représente pour vous le prix que vous venez de remporter au concours Téléshopping ?

S.T : Pour moi, ce prix est la meilleure étude de marché qui soit. C’est le grand public qui a voté et mon invention s’adresse vraiment à tout le monde. J’ai la preuve qu’elle répond à une attente. Et puis la perspective d’un référencement sur Téléshopping, c’est une chance incroyable pour lancer un produit.

Ph.G : Pour une TPE (très petite entreprise) comme la mienne, créée en 2008 et manquant forcément de notoriété, ce prix est un formidable moyen de se faire connaître du grand public, de surcroît sur une chaîne qui a une forte audience. A titre personnel, c’est aussi très gratifiant d’avoir un projet reconnu et apprécié.

Quelles leçons tirez-vous de votre expérience d’inventeur ?

S.T : Inventer, c’est une belle aventure, même si les obstacles sont nombreux pour aller jusqu’au bout d’un projet. Cela implique des sacrifices financiers importants. Pour ma part, j’ai consacré jusqu’à présent 30 000 € en frais de prototype, de dépôts de brevets et de marque, de participation aux salons … J’ai eu la chance d’être aidé par la Région d’Ile-de-France pour mon prototype mais le parcours n’est pas évident quand on a parallèlement une activité professionnelle.

Ph.G : Cette expérience m’a fait prendre conscience que je pouvais faire des choses utiles pour les autres, ce qui n’était pas le cas dans mon activité professionnelle. Ma vie a pris un autre cap, très satisfaisant sur un plan personnel. Bien sûr, je n’ai pas le même niveau de revenus, d’autant que le développement du MEM’ X, de sa conception à sa commercialisation, représente un investissement de 140 000 €. Mais je ne regrette pas un instant d’avoir tenté l’aventure.

Quels sont vos projets dans les mois qui viennent ?

S.T : Je vais poursuivre mes contacts avec des industriels et des distributeurs. Ce n’est pas facile, même si mon produit est simple à fabriquer. Beaucoup d’industriels doutent de son utilité. Je compte beaucoup sur mon prix pour les convaincre que la fiche papillon est un produit grand public qui a un réel potentiel commercial. Ma priorité en 2009, c’est son lancement. J’ai d’autres idées d’inventions mais je veux d’abord mener ce projet jusqu’au bout.

Ph.G : Le MEM’X est fabriqué depuis juin 2008 et vendu sur le site www.mem-x.fr. il est distribué en pharmacie et parapharmacie par la société ISH. Nous avons également des agents aux Etats-Unis, en Angleterre, en Finlande et en Suisse. Ce que j’ai découvert, c’est que le MEM’X est utilisé par des personnes ayant des troubles de mémoire, pas seulement celles atteintes par la maladie d’Alzheimer mais par des traumatisés crâniens par exemple. Les non-voyants et malvoyants se montrent également très intéressés et j’ai le projet de sortir d’ici à fin 2009 un MEM’X spécialement adapté à leur handicap.

Des inventions très primées en 2008

La fiche Papillon Fly Plug
- Médaille d'or et prix du jeune dirigeant d’entreprise au Salon de Genève 2007
- 1er prix Tremplins I’NOV de Mérignac 2008
- Prix de l’Innovation Téléshopping 2008

Le MEM’X
- Médaille d’argent au salon de Genève 2007
- Prix Automatic’Innov 2008 (catégorie aide à la communication)
- Grand Prix Médicis des Micro-Entreprises 2008
- Prix du Jury Téléshopping de l’Innovation 2008

Retrouvez également le gagnant du Prix des bloggueurs : l'Acropot d’Yvan Roussel en cliquant-ici