Qu’est-ce qui vous a donnĂ© l’idĂ©e d’utiliser des aiguilles de pin ?
Sans doute le fait de vivre dans les Landes, avec cette matiĂšre premiĂšre si abondante dans la rĂ©gion. Une ressource infinie. En fait, j’ai cherchĂ© une alternative au chanvre, qui permet lui aussi de fabriquer des bĂ©tons lĂ©gers fibreux. Et j’ai fait des essais, en mĂ©langeant des aiguilles de pin Ă  du ciment. Les premiers rĂ©sultats Ă©taient encourageants. J’ai continuĂ© Ă  rĂ©flĂ©chir pour amĂ©liorer mon produit et je suis arrivĂ© Ă  la formule que j’ai brevetĂ©e en 2000 : un granulat, composĂ© d’aiguilles de pin coupĂ©es enrobĂ©es de latex, liĂ© avec de la chaux et de l’eau. J’ai Ă©galement appliquĂ© le principe pour faire des enduits isolants et de dĂ©coration.

Comment avez-vous développé votre invention ?
J’ai fait beaucoup de salons, j ai fait essayer mon produit par des entreprises locales. J’ai bĂ©nĂ©ficiĂ© aussi de l’aide de Transtech Aquitaine. Mais il a fallu attendre 2004 pour que quelqu’un s’y s’intĂ©resse sĂ©rieusement et me permette d’obtenir une aide du Conseil RĂ©gional d’Aquitaine, afin de rĂ©aliser les tests prĂ©paratoires aux avis techniques. Cela a permis d’amĂ©liorer encore la formule.

Comment ĂȘtes-vous passĂ© de l’invention Ă  la production ?
Il m’a fallu rĂ©flĂ©chir au process et aux machines nĂ©cessaires, comme le broyeur d’aiguilles, qui a nĂ©cessitĂ© une adaptation spĂ©cifique par rapport aux broyeurs existants ou la cellule de poudrage et de pulvĂ©risation du latex. Et en 2007, j’ai lancĂ© mon unitĂ© de production Ă  Captieux, en bĂ©nĂ©ficiant d’aides rĂ©gionales. J’ai créé alors trois emplois et dĂ©veloppĂ© deux gammes : Fisoland construction pour rĂ©aliser des murs, des dallages, des chappes , des planchers et Fisoland enduits. Je m’occupe aussi de la commercialisation Je livre en direct Ă  des entreprises du bĂątiment ou de matĂ©riaux de construction partout en France, en faisant appel Ă  des transporteurs.

Quels sont les grands avantages de Fisoland ?
D’abord, c’est un produit naturel, 100% Ă©cologique. Ensuite, c’est un produit qui prĂ©sente des qualitĂ©s trĂšs performantes d’isolation thermique, hydromĂ©trique et phonique. Il est bien sĂ»r trĂšs lĂ©ger et prĂ©sente l’avantage d’ĂȘtre moins cher que les matĂ©riaux classiques, comme le bĂ©ton, le ciment ou la brique.

OĂč en ĂȘtes-vous aujourd’hui dans le dĂ©veloppement de votre entreprise ?
Je vais passer Ă  la vitesse supĂ©rieure grĂące Ă  un partenariat avec l’entreprise CESA de Saint-Astier, qui fabrique de la chaux et des enduits et quiest en train de mettre au point une chaux spĂ©ciale pour Fisoland. Les tests sont en cours, l’objectif Ă©tant d’obtenir une homologation totale. A plus long terme, j’envisage une cession de mon brevet Ă  CESA, qui fabriquera et commercialisera Fisoland partout en Europe.

Avez-vous d’autres projets ?
Oui et c’est justement pour m’y consacrer que j’ai cherchĂ© un partenaire industriel pour Fisoland. J’ai d’autres idĂ©es de matĂ©riaux mais aussi de matĂ©riels de construction et j’ai besoin de temps pour les mettre au point et rĂ©aliser des prototypes.

Que diriez-vous de votre expĂ©rience d’inventeur ?
Qu’elle est passionnante mais pas de tout repos. J’ai dĂ©pensĂ© beaucoup de temps et d’argent. J’ai mĂȘme hypothĂ©quĂ© ma maison. C’est un engagement total. Et aujourd’hui, je me sens rĂ©compensĂ© de tous mes sacrifices car j’ai bon espoir pour la rĂ©ussite commerciale de Fisoland.


Enduit sur colombage


Coupe transversale d’un plancher d’étage


Enduit finition à la taloche-éponge